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OLAF THEODORE HARKEN

21/10/2019

6 mai 1939 - 21 octobre 2019

Né à Medan, sur l'île de Sumatra (Indonésie), Olaf est décédé à Pewaukee, dans le Wisconsin (États-Unis), où il a vécu la plus grande partie de sa vie d'adulte.

Il laisse derrière lui sa femme, Ruth, ainsi que ses 3 filles, ses 4 petites-filles et son petit-fils.

Un moment de recueillement auprès du défunt et une cérémonie religieuse sont prévus le samedi 26 octobre au matin en l'église luthérienne Galilee de Pewaukee, suivis d'un hommage au siège de Harken. Une commémoration aura également lieu outre-Atlantique à l'occasion du salon annuel du METS, à Amsterdam, en novembre.

Olaf Harken et son frère aîné, Peter, ont forgé le succès de cette entreprise spécialisée dans les équipements de manœuvre de cordages qui porte aujourd'hui leur nom, au prix d'efforts considérables, tout en alliant excellence et plaisir.

Harken, Inc. fabrique des produits d'accastillage, des systèmes hydrauliques et des winchs pour les voiliers de croisière et de régate de tout type et de toute taille. Détournés de leur vocation nautique, certains de ses équipements sont également utilisés pour des applications industrielles, notamment dans la marine marchande, le secteur de la construction et les opérations de sauvetage.

Au cours de leur ascension, les frères Harken ont su saisir les opportunités qui s'offraient à eux - un véritable enseignement pour tous les employés !

Quand Olaf Harken a été intronisé au National Sailing Hall of Fame en 2014, avec Peter, il a expliqué leur philosophie commune : « Lorsque nous testons des nouveautés, nous avons pour règle de nous demander si nous serons capables de nous en sortir en cas de problème. Ensuite, nous allons au bar. Nous oublions alors tous nos doutes et nous nous lançons dans le projet ! »

Olaf et Peter ont rapidement compris que le succès d'une entreprise tient avant tout aux hommes et aux femmes qui mettent leurs talents à son service.

« Peter et moi n'étions pas particulièrement intelligents, déclarait Olaf en 2015 dans ses mémoires “Fun Times in Boats, Blocks & Business”. Cependant, nous savions que la réussite reposait sur la confiance et le respect des personnes, et peut-être aussi un peu sur l'humour ! »

L'histoire de Harken est pleine de tournants, de revirements, de succès et de réinventions, mais au fil de ces années, l'entreprise n'a cessé de lutter contre l'immobilisme sans jamais renoncer à son engagement à se tenir aux avant-postes.

Peter Harken s'est aujourd'hui même adressé à des membres de Harken par ces mots :

« Mon frère a fait le gros du travail et m'a laissé m'amuser. »

« Au démarrage de l'entreprise, il s'est chargé de l'aspect financier. C'est lui qui nous a permis de nous maintenir à flot. Si les rôles avaient été inversés, la situation aurait été bien plus compliquée. »

« Il nous lègue cette culture. Alors, continuons sur notre lancée et ne cessons jamais de progresser. Vous formez une famille formidable. Merci infiniment. Il vous surveille désormais d'en haut, alors ne vous reposez pas sur vos lauriers ! »

Bill Goggins, Directeur général de Harken, a également lu ce passage de l'autobiographie d'Olaf en souvenir :

« Peter et moi nous rejoignons depuis longtemps sur l'idée que l'honnêteté doit être cœur de la quasi-totalité des actions et décisions. J'ai reçu ma première leçon d'honnêteté peu de temps après le lancement de notre activité, au moment de fabriquer nos six premiers bateaux pour l'université d'État de l'Ohio. À l'instar de bon nombre de constructeurs, nous accusions un retard de plusieurs semaines. Lorsque nos clients nous ont appelés pour savoir quand nous allions les livrer, j'ai menti. Je leur ai dit que les bateaux seraient prêts sous une semaine. En m'entendant, Peter était furieux. Il m'a obligé à les rappeler et à avouer que notre retard se creusait et qu'ils allaient devoir attendre quelques semaines de plus. C'était très embarrassant, mais ça a été très formateur pour moi. Au moins, je n'avais plus besoin de mentir chaque semaine. Mieux vaut se faire remonter les bretelles une fois que d'enchaîner mensonge sur mensonge. Ce n'est pas évident car le client va être fâché ou déçu, mais ça s'arrête là. »

Et Bill Goggins d'ajouter :

« Le week-end dernier a été mémorable pour Olaf. Le Pewaukee Yacht Club l'a honoré samedi soir en lui décernant un prix d'excellence pour l'ensemble de sa carrière, sous l'ovation d'une salle comble. Il s'est levé, s'est avancé et a accepté la récompense avec toute la grâce et la dignité qui le caractérisaient. Olaf et Ruth ont ensuite enflammé la piste de danse. Il a passé le dimanche à regarder jouer les Packers en famille et a eu la chance inouïe de pouvoir profiter d'une balade ensoleillée d'une demi-heure avec son frère. Il s'est éteint paisiblement dans son sommeil, aux côtés de ses proches. L'entreprise pleure sa disparition, mais célèbre sa vie en perpétuant son œuvre au quotidien afin de s'assurer un brillant avenir. »

Olaf Harken naît en Indonésie au début de la Seconde Guerre mondiale d'un père néerlandais et d'une mère suédoise. L'Indonésie est attaquée par le Japon en 1941. Peter, Olaf et leur mère parviennent à échapper aux bombardements nocturnes et se réfugient à Bornéo. Leur père, Joe, rejoint la petite armée néerlandaise et combat les Japonais jusqu'à ce qu'il soit capturé. Il n'est libéré qu'après cinq années de prison, à l'issue de la guerre. Entre-temps, Peter, Olaf et leur mère, Ulla, vivent à Bornéo, avant d'embarquer avec les troupes militaires pour la Nouvelle-Zélande où ils restent un an, puis pour l'Australie qu'ils habitent également un an. Ils finissent par rejoindre San Francisco en 1944. Après la guerre, en 1946, ils s'y trouvent miraculeusement réunis avec Joe.

À l'issue de ses études au Georgia Institute of Technology, Olaf travaille dans l'ingénierie à New York, mais revient dans le Wisconsin courant 1967 pour aider Peter à construire des voiliers à destination du marché universitaire. « Je ne saurai jamais pourquoi j'ai alors pris cette décision », affirme Olaf.

Le bureau est succinctement aménagé : deux portes posées sur des tréteaux, une vieille machine à écrire, un téléphone et un classeur à tiroirs. Il est séparé de l'atelier fibre de verre et de la zone d'assemblage par une plaque en plastique. Côté marketing, tout se résume à des virées nocturnes à bord d'un vieux break Chevy, avec Peter au volant et Olaf installé à l'arrière, tapant des brochures sur sa machine à écrire. La première année, ils gagnent au total 3 800 $.

Les frères Harken ne savent pas exactement quand s'opère le tournant, mais Olaf, l'ingénieur, finit par prendre en main l'aspect commercial de Harken Inc. et Peter, l'économiste, la conception et la production. « Peter a développé les poulies et était plus calé que moi en fabrication », a déclaré Olaf. « Olaf était plus patient et meilleur en affaires que moi », a précisé Peter. « Nous étions tous les deux plus doués dans la spécialité de l'autre, mais nous avons gardé le secret, pensant que personne ne voudrait de poulies conçues par un économiste ! »

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