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    Notre histoire

    26/8/2016

    Le succès d'une entreprise tient avant tout aux hommes et aux femmes qui mettent leurs talents à son service.

    C'est ce principe fondamental qui a guidé Peter et Olaf Harken, il y a près de 50 ans, lorsqu'ils ont fondé Harken/Vanguard dans le sud-est de l'État du Wisconsin, une région agricole connue pour ses hivers rigoureux. Depuis, le rêve un peu fou de ces deux frères s'est mué en une société possédant des bureaux dans le monde entier et s'appuyant sur un réseau international de distributeurs. Harken est désormais présent sur les événements les plus prestigieux, tels que la Coupe de l'America, la Volvo Ocean Race et les Jeux olympiques. Ses poulies, chariots d'écoute, winchs et systèmes hydrauliques équipent toute sorte de voiliers, des petits dériveurs aux plus grands mégayachts. 

    L'histoire de Harken est pleine de tournants, de revirements, de succès et de réinventions, mais au fil de ces années, l'entreprise n'a cessé de lutter contre l'immobilisme sans jamais renoncer à son engagement envers l'excellence.

    Les débuts

    History - Peter boatbuilding

    Peter et Olaf Harken sont nés en Indonésie au début de la Seconde Guerre mondiale d'un père néerlandais et d'une mère suédoise. 

    L'Indonésie est attaquée par le Japon en 1941. Peter, Olaf et leur mère parviennent à échapper aux bombardements nocturnes et se réfugient à Bornéo. Leur père, Joe, alors représentant pour Caterpillar Tractor Company en Asie, rejoint la petite armée néerlandaise et combat les Japonais jusqu'à ce qu'il soit capturé. Il n'est libéré qu'après cinq années de prison, à l'issue de la guerre. Entre-temps, Peter, Olaf et leur mère, Ulla, vivent à Bornéo, avant d'embarquer avec les troupes militaires pour la Nouvelle-Zélande où ils restent un an, puis pour l'Australie qu'ils habitent également un an. Ils finissent par rejoindre San Francisco en 1944. Après la guerre, en 1946, ils s'y trouvent miraculeusement réunis avec Joe.

    Toute la famille se rend à Peoria, dans l'Illinois, siège de Caterpillar, et vit ensuite quelques années à Larchmont, dans l'État de New York. Joe a alors l'opportunité de s'installer aux Philippines afin de développer et de fournir du matériel de terrassement lourd à un pays détruit en pleine reconstruction.

    Inscrits à l'école américaine internationale de Manille, Peter et Olaf passent toute leur scolarité aux Philippines, jusqu'à leur entrée à l'université aux États-Unis.

    « Nous avons tous les deux obtenu une bourse sportive en natation grâce à nos nombreuses années de compétitions aux Philippines », explique Olaf, qui a étudié l'ingénierie industrielle au Georgia Institute of Technology d'Atlanta, en Géorgie. Peter entre quant à lui à l'université du Wisconsin, à Madison. Initialement intéressé par l'ingénierie, il finit par décrocher un diplôme en économie internationale. « C'était pour moi un moyen plus rapide de terminer les études et d'entrer dans la vraie vie », confie-t-il.

    Peter rejoint les clubs de voile, ski, canoë en eaux vives et escalade, et la pratique de la voile sur eau et sur glace lui fait rapidement négliger ses cours. Il dilapide l'argent de ses études dans le sport, les filles et autres activités oisives, ce qui lui vaut les remontrances de son père qui lui intime de se débrouiller tout seul, refusant de débourser de l'argent pour qu'il s'amuse. Peter embarque alors dans sa guimbarde, une Chevy de 1951, avec ses skis, son chien, une trentaine de sandwiches au beurre de cacahuète et à la confiture, ainsi que 50 $ en poche, et fait route vers le Colorado où il passe tout un semestre entre petits boulots et pistes de ski.

    De retour dans le Wisconsin, il travaille à mi-temps chez Gilson Medical Electronics pour payer ses études, planchant, après la fermeture, sur la conception de son propre équipement pour son E-Scow et ses chars à glace. Un soir, il fait accidentellement tomber des billes de roulement par terre. « J'ai été impressionné par la hauteur à laquelle elles ont rebondi », se souvient-il. « Plus la masse est faible, plus l'accélération est importante. C'est le principe des poulies sur un bateau. Leur mouvement s'arrête et repart sans cesse. » Peter remplace alors les roulements à aiguilles en acier inoxydable de ses poulies par des roulements à billes en nylon de 1/4". Son voilier devient ainsi une plateforme de test pour ses réalisations. Lors des régates, ses concurrents constatent que Peter parvient à choquer plus rapidement ses voiles et que ses équipements fonctionnent de manière plus fluide que les leurs, et ses « poulies noires à billes blanches en plastique » commencent à faire parler d'elles. 

    Pendant sa première année au Georgia Institute of Technology, Olaf dépense lui aussi l'argent de son père en se rendant dans le Wisconsin pendant les vacances pour aider Peter et s'assurer qu'il prend du bon temps. Une fois son diplôme en poche, il passe trois ans et demi dans la Navy comme officier à bord d'un destroyer stationné dans le Pacifique Nord. Son navire est l'un des premiers engagés dans la guerre du Vietnam. À son retour en 1967, les deux frères lancent avec deux amis une petite affaire éphémère de construction de voiliers/voilerie/fabrication de poulies à roulements à billes baptisée Scanda. Mais le monde de la voile ne se précipite pas à leur porte, et Scanda se résume bientôt à un seul homme : Peter.

    Peter persévère, Olaf suit

    Olaf travaille dans l'ingénierie à New York, mais revient dans le Wisconsin courant 1967 pour aider Peter à construire des voiliers à destination du marché universitaire. « Je ne saurai jamais pourquoi j'ai alors pris cette décision », affirme Olaf. La nouvelle entreprise Vanguard Boats (qui deviendra plus tard Harken Yacht Equipment) s'installe dans un garage à l'abandon de Waukesha, dans le Wisconsin. Le bâtiment possède un petit bureau à l'avant, un atelier s'étendant sur environ 20 m de long et, à l'arrière, une immense porte sur toute la hauteur de la façade. Le bureau est succinctement aménagé : deux portes posées sur des tréteaux, une vieille machine à écrire, un téléphone et un classeur à tiroirs. Il est séparé de l'atelier fibre de verre et de la zone d'assemblage par une plaque en polyéthylène. Un ventilateur installé sur une fenêtre extrait les émanations. Inutile de préciser que les représentants de l'agence américaine en charge des questions de santé et de sécurité au travail (OSHA) sont éberlués par ces conditions de travail, bien qu'étonnamment, ils ne fassent pas fermer les lieux. Côté marketing, tout se résume à des virées nocturnes à bord d'un vieux break Chevy, avec Peter au volant et Olaf installé à l'arrière, tapant des brochures sur sa machine à écrire. La première année, ils gagnent au total 3 800 $.

    Naissance de Harken/Vanguard

    History - LeRoy StippichLeroy et Al Stippich, les propriétaires d'une entreprise de fabrication d'outillage (Accurate Products) qui avaient loué à Peter et Olaf leur premier atelier, apprennent que ceux-ci ne disposent pas des fonds nécessaires à l'acquisition des moules à injection et des matrices à estamper pour la production à grande échelle de leurs poulies à roulements à billes. Les Stippich se prennent d'affection pour Peter et Olaf. Ils se retrouvent en ces deux jeunes frères qui partent quasiment de rien, comme ils l'ont fait avant eux. Ils leur proposent de construire l'outillage à leurs frais et de produire les poulies pour eux. L'accord se conclut d'une poignée de main et perdure jusqu'en 2010, année où Harken rachète Accurate Products. 

    Gary vend ces premiers modèles de poulies à Lowell North et Buddy Friedrichs, tous deux médaillés d'or (Star et Dragon) des Jeux olympiques de 1968. Bruce Kirby, éditeur de One Design & Offshore Yachtsman (aujourd'hui Sailing World) fait paraître une publicité de Peter et Olaf sur leur victoire et rédige un éditorial sur le ton de l'humour suggérant que les poulies Harken sont dangereuses en raison de la rapidité avec laquelle elles permettent d'envoyer les voiles. « Ces accessoires diaboliques sont les poulies à roulement à billes Harken, et, à mon avis, il faudra bien des années avant que les architectes navals ne conçoivent des bateaux assez rapides pour être au niveau de ces poulies. » Certains lecteurs prennent ses propos au sérieux, entraînant une controverse qui s'avère une formidable publicité. La vente des poulies décolle alors.

    History - First employeeHarken/Vanguard se développe et a besoin d'une secrétaire-comptable-réceptionniste-assistante de direction. Une seule candidate répond à l'annonce. Rose Sorensen est intelligente, n'a jamais manqué le moindre jour d'école et ne fait pas de fautes d'orthographe. Elle se demande sans doute encore ce qui lui a pris d'accepter ce poste. Rose devient rapidement indispensable. À son départ en retraite en 2010, elle est Directrice RH et Secrétaire générale.

    Alors que les affaires battent leur plein, Peter et Olaf passent une annonce dans le journal local pour engager un lamineur de fibre de verre au salaire horaire de 3 $. Bob Gramins et Don Michaelson postulent tous les deux. Ils déclarent à Peter et Olaf qu'ils travaillent en équipe et réclament 5 € de l'heure chacun. Ils leur prouvent que cet investissement conséquent en vaut la peine en construisant de A à Z un magnifique Flying Junior en deux fois moins de temps qu'il n'en faut aux deux frères. Les « Plastic Fantastics » se bâtissent une réputation auprès de leurs collègues grâce à la haute qualité de leurs dériveurs Flying Junior et Badger Tech. Don demeure chez Vanguard jusqu'à ce que Peter et Olaf revendent leur activité de fabrication de voiliers.

    Pour la jeune entreprise, croissance et emprunts vont de pair. Une banque locale compréhensive leur accorde de petits prêts, jusqu'à ce que Vanguard ait besoin de 10 000 $. La banque signifie à Olaf (alors trésorier) que sa demande doit être soumise au conseil d'administration. Après avoir lu le rapport financier d'Olaf, un document ponctué de chiffres fantaisistes et d'erreurs de calcul gribouillé à la hâte sur un bloc-notes, la personne en charge des prêts secoue la tête et déclare : « Bien, je vais improviser avec tout ça. »

    Développement de l'activité

    Avec le succès de la gamme de dériveurs pour le marché de la voile universitaire et la popularité internationale de la ligne de poulies en pleine expansion, Harken/Vanguard investit en 1971 un bâtiment plus spacieux à Pewaukee, dans le Wisconsin. Pour le financer, ils doivent produire plus de bateaux. Ils décident alors de tenter d'obtenir une licence américaine de construction du 470. Ils pensent (à raison) que ce dériveur en double à simple trapèze hautes performances deviendra une série olympique en 1976. Pendant les discussions, son concepteur, André Cornu, annonce qu'il exige une garantie de 5 000 bateaux par an dans la mesure où les États-Unis sont bien plus vastes que la France. Il accepte de baisser ce chiffre à 2 000 dériveurs par an après que Peter lui a expliqué que le marché américain n'était pas