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Tim Wilkes Photo

Master and Commander

Audit any racecourse anywhere in the world, and you'll quickly see that winning boats all share a few basic similarities: the sailors are skilled, the team's equipment is in excellent working order, and they all benefit from great leadership and teamwork. While these first two items can be improved upon with the right amount of practice and fundraising, the third item is far more elusive and complex. Plenty of skilled, properly equipped teams can tell you about the day when they were beaten—fair and square—by a team that simply had a little something extra. For virtually all successful sailors, this something "extra" distills down to excellent leadership, great communication, and a fundamentally strong team. Tapping into good leadership is therefore a prerequisite for all One-Design sailors. But few have done it as successfully—or in as many classes of boats—as two-time Olympic medalist Jonathan McKee. Here are his thoughts on some simple ways that any team can improve their leadership and teamwork.

Ground Rules
Every boat operates under different philosophies and styles, which usually reflect on the team's leadership. "My ground rules are to make sure the boat stays safe; to keep sailing with new people; to try to give everyone a job, make sure they know what it is and have the tools to be able to do it," says McKee. Establish your ground rules with your team, and be clear and honest from the beginning to avoid any confusion.

Style
While truly brilliant leaders are usually born with this talent, the rest of us, says McKee, can work to improve the way in which we lead. For McKee, a big piece of this comes down to the way that a skipper handles a trying situation or an onboard error. Rather than succumbing to the tension of the moment and yelling or casting blame, McKee advises that it's best to always maintain conversational tones (unless you're projecting to be heard in an emergency situation or to be heard over the wind), and to never yell. Furthermore, McKee points to vocabulary and word choice as important components of this; softer, more constructive words yield better results from crewmembers.

Teachable Moments
Should a crew error or some other onboard mistake transpire, it's important to remember that you've got a sailboat race unfolding. McKee suggests that rather than addressing the issue on the spot, a better program is to instead say, "let's talk about this later, let's get on with the race right now." The key, of course, is waiting until a quiet time when rational thought prevails. "It's important to have the talk in the positive spirit of improvement and cooperation. Try to be a partner with the other person in coming up with an agreed-upon solution for moving forward."

Clear Communication
Typically, the bigger the boat, the more complex and complicated a program becomes. The trick here, says McKee, is to have a clearly delineated hierarchy, to establish a go-to person, and to ensure that everyone understands and buys into the team's direction and goals. One idea that McKee favors is to draft a physical document that contains the necessary details and philosophies that each new crewmember needs to internalize.

The Bottom Line
Sailing often involves large time commitments and time away from your family. "All of us need to step back and remember why we go sailing in the first place," says McKee. "In the end, we're doing this activity because we love it."

Jonathan Mckee

By David Schmidt/Alembic Media, LLC
3/4/2020

Jonathan McKee

Contrairement à la plupart des grandes figures internationales de la voile, qui vantent souvent allègrement leur palmarès, Jonathan McKee, adopte, lui, une approche des plus sobres, rappelant que la navigation est avant tout une histoire de passion. Mais l'attitude décontractée de ce skipper de 60 ans, installé à Seattle, ne doit pas faire oublier qu'il est l'un de ces multiples vainqueurs de courses au large, détenteur de deux médailles olympiques, dont une médaille d'or en 1984 dans la catégorie des Flying Dutchman et une médaille de bronze en 2000 dans la catégorie des 49er, aux côtés de son frère Charlie. À l'heure où nous écrivons ces lignes, il a remporté 9 championnats du monde.

Jonathan McKee se distingue aussi en Moth, Melges 24, Melges 32, Melges 20 et J-70, des classes dans lesquelles il déploie ses talents de tacticien. Jonathan McKee a également participé à deux éditions de la Coupe de l'America, la première comme régleur de grand-voile remplaçant au sein de l'équipe OneWorld Challenge en 2003 et la seconde au poste de régleur de grand-voile principal sur Luna Rossa Challenge en 2007.

Si Jonathan McKee s'est forgé un nom dans le monde de la navigation en tant que skipper de monotypes, il s'est initié à l'univers de la voile auprès de sa famille sur les eaux du Puget Sound, un détroit proche de Seattle. C'est avec son père qu'il s'est aventuré au large pour la première fois, bravant la côte ouest de l'île de Vancouver avant même d'avoir 10 ans. Son goût pour la navigation s'est affirmé au fil des ans, le menant vers les régates, à la barre de son propre bateau entre San Francisco et Hawaï, mais aussi sur les voiliers de classe Mini le temps d'une compétition. Lors de l'édition 2003 de la Transat 6.50, course emblématique de cette catégorie, il décroche la deuxième place au terme de la première étape et domine la seconde jusqu'à la rupture de son gréement à environ 1 300 km de la côte brésilienne. Côté Grands Prix, Jonathan McKee compte plusieurs classes à son actif, dont les 60 pieds IMOCA et les TP 52, sans oublier les monocoques de The Ocean Race. Il s'est illustré récemment à bord du Bronenosec.

Qu'il s'élance seul à bord d'un voilier à foils, fende les eaux du Puget Sound sur le Dark Star, son 44 pieds dessiné par Paul Bieker, équipé de ballasts à eau, ou endosse le rôle de coach ou de tacticien, Jonathan McKee met à profit son intelligence et son leardership pour mener ses projets vers la réussite.

Leadership et travail d'équipe

Quelle est l'importance du leadership et du travail d'équipe dans le sport de haut niveau ?
Je pense que ces qualités sont essentielles à tous les niveaux. Savoir mener une équipe est indispensable quelle que soit l'épreuve. Mais plus le bateau est grand et l'équipe nombreuse, plus c'est difficile, évidemment. Il est important que quelqu'un définisse le cap à suivre, donne le ton et tranche lors des décisions stratégiques. En l'absence d'un leader fort, le travail d'équipe s'en ressent, ses membres perdant de vue les objectifs à atteindre et les approches à adopter.

Le gros du travail de leadership intervient en amont des compétitions, au moment de définir, avec le propriétaire et les autres leaders, les traits de l'équipe et les règles de base.

Il faut alors faire preuve de clarté et ne pas hésiter à énoncer l'évidence. Selon moi, l'existence d'un document engageant l'implication de chaque membre de l'équipe est fondamentale. Il peut simplement détailler la gestion des dépenses engagées lors d'une régate, le mode de communication à mettre en place entre équipiers durant la course ou le positionnement par rapport aux autres équipes. Toutes ces questions - transparence, communication, engagement, préparation, efficacité... - sont déterminantes pour la réussite de n'importe quelle entreprise.

Quelles sont les qualités indispensables à une équipe naviguant sur monotype ?
En premier lieu, les compétences, essentielles au succès de l'équipe. Tout dépend du niveau que l'on cherche à atteindre, mais si vous visez les sommets, vos compétences doivent être à la hauteur de vos ambitions, alors il vous faut les acquérir. La plupart des classes de monotypes permettent de progresser. Ceux qui apprennent vite peuvent rapidement changer de classe et s'y illustrer brillamment. Leur expérience de la compétition joue en leur faveur : ils maîtrisent la manœuvre d'un bateau et savent comment le faire gagner en vitesse. Ils assimilent toutes les variables.

La cohésion d'équipe est la deuxième qualité indispensable. Le skipper et son équipage doivent posséder les aptitudes et les compétences nécessaires pour concourir à haut niveau, mais aussi être capables de créer une synergie entre eux. L'équipe tout entière progressera davantage que deux navigateurs talentueux seuls qui ne parviennent pas à s'accorder. Cet esprit d'équipe repose essentiellement sur la confiance et la communication. Les responsabilités doivent être clairement établies, et chacun laissé à son domaine de compétence. La bonne répartition des tâches - directes et indirectes -, avant même de se rendre sur le lieu de la course, conditionne généralement le succès de l'équipe.

Le troisième et dernier aspect fondamental réside dans la mise en place d'un programme ou d'un protocole d'entraînement prévoyant, par exemple, un partenaire d'entraînement, des sessions structurées ou un enchaînement de régates permettant d'affronter d'autres coureurs, parfois étrangers. Dans ce cadre, la gestion du temps est un facteur de réussite.

Comment créer une dynamique efficace à bord quand on est skipper ?
L'une des principales tâches du skipper consiste à instaurer un climat dans lequel chacun peut donner le meilleur de lui-même, à l'image d'une entreprise. Pour commencer, il faut s'assurer que chaque marin a conscience de ce que l'on attend de lui. Il convient ensuite de veiller à ce qu'il dispose des outils dont il a besoin pour remplir son rôle.

Le skipper est aussi un coach qui évalue les performances de ceux qui l'accompagnent. Les membres de l'équipage doivent également se conseiller les uns les autres. Ce coaching mutuel peut se révéler hautement efficace, mais le skipper demeure le chef d'orchestre.

Il doit instaurer cette dynamique via un feedback adapté, c'est-à-dire précis et opportun. La gestion du feedback incombe au skipper.

Lorsqu'un événement se produit au beau milieu d'une course, je préfère que l'on se concentre sur la navigation et que l'on remette la conversation à plus tard. Au moment d'aborder le sujet, il est important de faire preuve d'un esprit constructif qui encourage l'amélioration et la coopération. Pour aller de l'avant, il faut trouver des solutions convenant à tous les co-équipiers.

Le skipper doit enfin mener d'une main ferme à certains moments stratégiques, comme au départ, ainsi qu'à l'approche des bouées et des autres bateaux. Il doit faire preuve de maîtrise, de force et d'efficacité car il n'a alors pas droit à l'erreur.

Quel est votre rôle en tant que tacticien ?
Le rôle de tacticien présente de nombreux points communs avec celui de skipper car c'est lui le véritable chef d'équipe à bord de nombreux bateaux. Tout ce que je viens d'énoncer pour la gestion du feedback par le skipper s'applique donc également au tacticien.

Supposons que vous bénéficiez de l'appui d'un barreur compétent qui vous dispense d'encadrer l'équipage en ligne droite. Le barreur doit, dans ce cas, avoir une confiance absolue en vos décisions. L'instauration de cette confiance constitue la mission première du tacticien, et elle n'est pas toujours évidente à mettre en place.

Vous devez ensuite informer le barreur et l'ensemble de l'équipage de vos faits et gestes lorsqu'ils impliquent une réaction de leur part. Lorsque vous transmettez des instructions, vous devez veiller à laisser suffisamment de temps à chacun de faire son travail.

J'estime qu'il est bon de partager son point de vue et de permettre aux autres d'intervenir. Certains tacticiens sont plus fermés. C'est un style personnel et complexe qui dépend de nombreux facteurs. Certains barreurs sont plus à l'aise avec le maintien d'un dialogue continu, même si celui-ci ne les aide pas à s'améliorer.

Il faut prendre des décisions fermes, en assumer la responsabilité et être ouvert à la critique. Cette responsabilité est délicate compte tenu de la part d'aléatoire qui entre en jeu. Au lieu de sur-analyser une situation, je préfère me demander si nous disposions des bonnes informations. Est-ce qu'il aurait fallu surveiller ces bateaux à bâbord ? Qui aurait dû s'en charger ? Quelle procédure de communication devrait-on mettre en place à l'avenir ?

Tout ou presque est question de procédure. Peu importe que vous soyez intelligent et hyper-talentueux, il vous faut prévoir une procédure reproductible permettant à chacun de savoir ce qu'il doit faire et comment y parvenir.

Est-il nécessaire de crier ou d'élever la voix sur un monotype ?
Oui, quand on doit prévenir d'un danger. On peut être amené à crier « attention à la bôme ! », par exemple.

Cela dit, je ne vois aucun intérêt d'élever la voix face à un autre membre de l'équipage. S'il peut vous entendre, pourquoi parler plus fort que nécessaire ? D'après mon expérience, un équipier qui commet une erreur comprend immédiatement et connaît la marche à suivre pour la corriger, alors inutile d'en rajouter. Lui hurler dessus ne sert à rien, à part le stresser davantage, ce qui ne contribue pas vraiment à améliorer les performances. [Rires.]

La cohésion de l'équipe se construit-elle à bord, ou le skipper peut-il prendre certaines décisions à terre pour fédérer l'équipe autour d'objectifs communs ?
Les deux. Tout dépend de l'organisation de la régate. Une équipe ne se limite pas à ses performances sur l'eau. Elle naît des interactions entre ses membres et de l'esprit qui l'anime. À mes yeux, le repas que l'on partage après la compétition est aussi important que la course elle-même pour la cohésion de l'équipe et la réalisation de ses objectifs. Les compétences, la confiance et la communication s'établissent à de nombreux niveaux.

Les meilleurs débriefings et feedbacks sont ceux partagés autour d'une bière après l'événement, quand tout le monde est plus détendu et peut réfléchir et débattre calmement.

Pour moi, une régate englobe tous ces instants, pas seulement ceux passés sur l'eau. Vous pouvez vous satisfaire d'une course sans avoir particulièrement bien navigué. [Rires.] C'est toute la beauté du sport !

Quelles sont les règles d'or pour constituer une bonne équipe ?
Réunir les bons membres d'équipage ! [Rires.] Le choix de l'équipe repose sur un savant dosage de personnalités et de compétences. Il n'y a pas de recette miracle. Sur un bateau d'envergure moyenne, les postes clés ne sont pas si lourds. L'attitude compte davantage, comme la capacité à travailler avec d'autres, le désir de s'impliquer au sein de l'équipe et la volonté de s'améliorer. Il ne suffit pas de choisir les marins les plus talentueux pour espérer gagner, en tous les cas pas tout de suite. Même à haut niveau, les décideurs évaluent le comportement du navigateur dans le contexte d'une équipe et son sens du collectif. Rejette-t-il la faute sur les autres ou fait-il preuve de solidarité ? Montre-t-il une attitude positive ? Est-il d'agréable compagnie ?

Les compétences de navigation s'acquièrent au fil du temps et restent relativement secondaires par rapport aux qualités humaines et au potentiel d'amélioration. Il n'est pas toujours nécessaire de faire des compromis car certains navigateurs de talent sont également de formidables coéquipiers.

Si je devais donner un conseil aux propriétaires et aux personnes chargées de composer une équipe, ce serait de sélectionner judicieusement les marins en considérant non seulement leur amitié avec eux, mais aussi l'entente qui peut se nouer au sein de l'équipage. Tisser des affinités en regroupant des personnes de même âge ou d'anciens coéquipiers... créer ce type de fraternité peut être bien, mais je préfère généralement associer des gens d'expériences, de sexes et d'âges différents. Cette diversité favorise le travail d'équipe sur le long cours et se révèle plus intéressante.

Que faut-il éviter ?
Le manque de respect est, pour moi, intolérable. Je ne transige pas sur ce point. Le respect doit s'inscrire à de nombreux niveaux, tant au sein de l'équipe qu'à l'égard des autres concurrents. On peut faire preuve d'assurance sans dénigrer ceux en face.

La navigation est un sport pratiqué pour le plaisir, que l'on soit amateur ou professionnel. Nous sommes rassemblés autour de cette passion avec l'envie de la partager et de nous améliorer. Ne l'oublions pas.

Vous avez participé à de nombreuses courses au large et embarqué sur différents bateaux qui mettent les navigateurs à rude épreuve. Qu'avez-vous retiré de ces expériences sur les dynamiques à bord et la cohésion d'équipe ?
En mer, les relations entre les membres de l'équipage prennent une autre dimension. Le temps passé ensemble les amplifie. On ne peut pas faire de coupure et s'isoler dans sa chambre d'hôtel. Dans une équipe où règne l'harmonie, chacun peut travailler efficacement et de façon autonome. Ce n'est pas à souhaiter, mais il se peut aussi que l'alchimie ne soit pas au rendez-vous.

Au large, l'intensité des expériences crée des liens forts, plus que sur un petit bateau, en raison des dangers accrus de la navigation elle-même. Les amitiés qui s'y nouent sont particulièrement solides.

Que vous ont enseigné ces expériences sur les erreurs à ne pas commettre ? Quelles leçons en avez-vous tirées ?
Il y a peu d'erreurs que je n'ai pas commises ! [Rires.] Il faut juste veiller à ne pas les reproduire trop souvent.

La sûreté et la sécurité sont deux aspects qui exigent une vigilance particulière. Une planification en amont et des décisions réfléchies s'imposent, mais ce n'est pas si simple. La survie prime sur tout le reste. La sécurité du bateau doit donc mobiliser l'attention de chacun en permanence.

Jonathan McKee LibbyQu'avez-vous appris sur la cohésion dans les différentes équipes que vous avez intégrées en course sur monotype ?

Chacun de mes partenariats m'a offert une expérience enrichissante. J'ai navigué pendant de nombreuses années avec ma femme, Libby. Nous formons un binôme où elle endosse les missions de l'équipage et j'occupe le poste du skipper. Ce duo m'a beaucoup apporté. Certains ne peuvent pas naviguer avec leur conjoint ou conjointe, mais chez nous, c'est très constructif. Nous sommes un couple sur les flots comme dans la vie.

J'apprécie de naviguer avec des personnes de tous horizons. J'apprends de chacune de ces rencontres. Je souhaite continuer cette aventure humaine avec d'autres marins chevronnés pour approfondir mes connaissances et tisser de nouvelles amitiés. Les bateaux de grande envergure offrent une occasion formidable de partir avec des amis et de faire de nouvelles connaissances. La voile est le terrain idéal pour cultiver les interactions sociales. À moins de s'élancer dans une traversée en solitaire, les compétitions sont des écoles qui enseignent l'esprit d'équipe.

Existe-t-il une différence entre la cohésion d'équipe sur un monotype et celle qui s'instaure sur des voiliers de plus grande envergure ? Auriez-vous quelques exemples ?
Oui, tout à fait. Plus le nombre de personnes impliquées est important, plus leur coordination devient complexe. Une hiérarchie plus élaborée est alors nécessaire. Sur les grands modèles, tous les équipiers ne peuvent pas être au même niveau. Il faut donc établir les responsabilités : qui supervise qui, qui se charge de quoi, et ainsi de suite.

Sinon, les principes restent les mêmes. On évite les [abrutis] et tout va bien ! Et on communique ! Au sein des équipes nombreuses, la gestion de la communication est plus difficile, ce qui rend d'autant plus importante la synergie entre tous les marins. Elle est également nécessaire sur les plus petits bateaux, évidemment, mais plus simple à mettre en place avec quelques navigateurs seulement.

La plupart des équipes sont confrontées à des problèmes de communication liés à un manque de franchise et de transparence. Tous les échanges sont concernés, de la simple annonce « empannage dans 30 secondes » à l'orientation générale de l'équipe, en passant par l'analyse globale des performances. La communication doit être ouverte. Il est indispensable que les membres de l'équipe adhèrent aux décisions importantes. C'est en quelque sorte une démarche politique où il s'agit de rassembler des personnes autour d'un projet et de les convaincre que les mesures prises vont dans le bon sens.

En définitive, vous devez trouver des marins doués d'un bon esprit. C'est tout ce qui compte.

Quel navigateur vous a le plus impressionné par ses qualités de leadership sur monotype ?
Je dirais Paul Elvstrom, qui était mon modèle lorsque j'étais jeune. Mais il tenait plutôt du navigateur en solitaire, motivé et intelligent. Il n'est pas connu pour son parcours en équipe, même s'il a concouru aux côtés de sa fille aux Jeux olympiques de 1984, à Los Angeles, l'année où j'étais également en lice. Ils ont décroché la quatrième place, à un cheveu de la médaille. Il est parvenu à former une équipe avec sa fille malgré la différence d'âge et a montré qu'il avait le niveau mondial pour s'aligner en Tornado : une véritable prouesse.

Quelle a été votre expérience d'équipe la plus gratifiante sur monotype et pour quelle raison ?
C'est difficile à dire. En quarante ans de navigation sur monotype, j'ai vécu de nombreuses expériences inoubliables. Les moments les plus gratifiants sont ceux où vous réussissez à former une équipe que vous menez jusqu'à la victoire lors d'un grand événement. En tant que compétiteur, c'est une consécration. J'ai connu plusieurs fois ces instants intenses à bord des Flying Dutchman, mais aussi à l'université lorsque j'étais au meilleur de ma forme, puis sur les 49er, sur lesquels nous avons parfois brillé, sans oublier les Melges 24.

Vous atteignez des sommets lorsque vous avez la sensation que tout se déroule à merveille : préparation, départ, vitesse et manœuvre du bateau... Rien ne peut alors vous arrêter. Cette sensation témoigne souvent d'une excellente anticipation et de la conjugaison de tous ces autres facteurs dont nous avons parlé, qu'il s'agisse des coéquipiers ou des décisions prises. Mais en régate, rien n'est écrit d'avance, et c'est ce qui nous motive.

Le leadership et l'esprit d'équipe s'améliorent-ils avec la pratique ou s'agit-il de qualités innées, propres à certains navigateurs seulement ?
Ce sont en grande partie des compétences innées, mais il est possible de se perfectionner, en améliorant notamment son langage. Choisir les bons mots pour s'exprimer est un travail sur soi que chacun peut faire. La formulation joue un rôle important dans n'importe quelle demande. Mais « borde le génois d'un pouce » suffit pour transmettre une instruction. [Rires.]

On en revient au respect des autres. C'est ainsi que l'on parvient à tirer le meilleur de chacun.

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